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+ WEB : Nanotechnologies, le nirvana ou la cata ?

Textes de Raquel Hadida

Photos de nanotubes produites par l'équipe de recherche de Jean-Louis Sauvajol (Univ. Montpellier II)

Les nanotechs, ça sert à quoi ?

Franck Martin, créateur de la start-up Sikémia « Des vitres sur laquelle l'eau glisse, des objets qui ne prennent pas la poussière, ou des raquettes de tennis très solides : les nanos élèvent notre niveau de confort », même si dans certains cas, ce surplus de confort peut être vital : « Un pare-brise antipluie évite les accidents, une prothèse antimicrobienne évite les maladies nosocomiales ».

Contrairement à de simples revêtements, les matériaux issus des nanotechnologies peuvent se lier molécule à molécule aux autres matériaux physiques mais aussi biologiques (nos cellules). Et cela leur confère des propriétés totalement inédites.

De quoi passioner les chercheurs, qui essaient, au niveau fondamental, de comprendre quelles sont les propriétés de tels nouveaux matériaux. C'est le cas de l'équipe de Jean-Louis Sauvajol à la faculté de Montpellier 2 : les chercheurs travaillent sur les nanotubes de carbone, de longs filaments "torsadés", formés à partir de gaz carboné comme le méthane


Avec les nanos, on est libre ?

D’après Pièces et Main-d’Œuvre, un collectif grenoblois, « les nanotechs sont un projet politique pour mettre le monde sous contrôle électronique ». On connaissait les puces électroniques, voici les puces nanos comme la RFID (Radio Frequency Identification). Encore plus petites (de la taille d’un grain de sable) et peu coûteuses, ces puces peuvent mémoriser et récupérer des données à distance, sur des objets ou des hommes, et être lues par des micro-ondes.

Implantées sur des radio-étiquettes ou même dans le corps humain (c’est déjà le cas dans certains pays), elles peuvent envoyer moult informations sur notre consommation, nos déplacements, etc. Et des recherches sont en cours pour implanter ces composants électroniques... dans l’ADN. Eh oui, dans un monde nanotech post-11-Septembre où tout objet peut être dangereux, pour les gouvernements, mieux vaut contrôler systématiquement tout et tout le monde. Ce qui ouvre la voie au Big Brother généralisé, à la manipulation de la volonté par des implants, aux violations de la vie privée et à la manipulation politique.

Les nanos nous rendent-il plus égaux ?

Georgia Miller,

Les Amis de la Terre, Australie

Les nanotechnologies se présentent comme des solutions techniques pour résoudre nos problèmes sociaux, politiques, économiques. Mais la racine du problème n’est pas traitée : développées par des compagnies très puissantes qui défendent leurs brevets, elles pourraient au contraire accroître les disparités sociales entre et à l’intérieur des pays.

Par exemple, côté médecine, des centaines de traitements issus de ces technologies sont à un stade préclinique ou commercial, pour détruire les microbes résistants aux antibiotiques, cibler les cellules cancéreuses ou contrôler les hormones. Mais on ne connaît ni leur efficacité réelle ni leurs effets secondaires. Ce qui est certain : ils seront inaccessibles aux populations pauvres et enrichiront encore l’industrie pharmaceutique.

Les nanos annoncent une nouvelle révolution industrielle qui nous éloigne de plus en plus du monde que nous souhaitons... sans que les délibérations citoyennes influencent les prises de décisions. Et sans compter la toxicité des produits et des déchets...

TELECHARGER LES RAPPORTS DE SYNTHÈSE SUR LEs enjeux du BANG (BIT, ATOME, NEURONE, GENE )- les lies entre les nanotechnologies et les tehcnologies du gène, ou des réseaux informatiques...

rédigés par l'association BEDE Biodiversité, Echange de diffusion d'expériences, basée à Montpellier.

View full sized Un nanotube de carbone, 10 000 fois plus fin qu'un cheveu View full sized A Montpellier, Jean-Louis Sauvajol dirige un laboratoire de recherche fondamentale qui fabrique et étudie le comportement des nanotubes de carbone. Pour cela, son équipe utilise leur réaction à différentes lumières grace à des lasers et des spectromètres. View full sized Franck Martin a monté sa start-up, Sikémia, pour comercialiser le fruit de ses recherches : en utilisant les nanotechnologies, il "enduit" par exemple une hanche artificelle (dans le bocal) d'un revêtement anti-microbien. Une innovation récompensée par un prix et qui intéresse fortement les multinationales de la santé. View full sized Georgie Miller, de l'ONG Les Amis de la Terre, s'est réunie avec 40 autres ONG à Montpellier l'hiver dernier pour réfléchir sur les graves questions de société que posent les nanotechnologies... alors que nous sommes déjà devant le fait accompli

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